accueil capitaine Anato

 Obia. Remise du 31e Prix Polar Michel Lebrun

Samedi 10 décembre 2016. 15h. La scène se passe au Mans dans les locaux de la librairie Doucet. Le 31e Prix Polar Michel Lebrun est en train d’être remis à Colin Niel (au centre sur la photo) pour son roman Obia paru aux éditions du Rouergue en 2015. La rencontre avec Colin Niel est très chaleureuse, amicale et conviviale (dégustation de Jasnières de rigueur). Déjà couronné pour ce roman par de nombreux prix et non des moindres, Colin souligne l’importance que revêt pour les auteurs de polars la reconnaissance par ce prix portant le nom de Michel Lebrun, disparu voilà vingt ans et qui demeure une figure tutélaire de la polarosphère francophone. 

Colin Niel vient d’avoir 40 ans et réside actuellement à Lille mais il a vécu et travaillé comme ingénieur dans le domaine environnemental pendant six ans en Guyane. Il y a noué de solides amitiés et y retourne régulièrement. C’est entre Cayenne, Saint-Laurent du Maroni et Paramaribo (Surinam) qu’il situe son intrigue. Ethno-polar et polar social tout à la fois, tissant les problèmes actuels de la Guyane, noirceur absolue du milieu des trafics de drogue, meurtres de jeunes mules plus ou moins consentantes, avec les croyances et les rites ancestraux, avec aussi la situation des migrants du Surinam, liée à une histoire récente et méconnue, Obia est un polar efficace et dense, comme la forêt qui abrite de terribles secrets, comme le Maroni qui charrie les boues de l’histoire. C’est une Guyane complexe, métissée (avec ses différentes communautés, Ndjuka, Noirs-Marrons, Créoles…) et attachante que Colin Niel nous donne à découvrir à travers ses personnages, Clifton, Francis, Bradley, Melita, le Major Marcy ou encore le Capitaine Anato (son personnage récurrent). Une traque riche en rebondissements et en surprises. Un livre passionnant et fascinant. Réaliste et dépaysant. On s’y accroche, il ne vous lâche plus. Superbe.

Prix Polar Michel Lebrun

Photo TG

Obia est le troisième roman de Colin Niel. Son quatrième paraît en janvier 2017 aux éditions du Rouergue (Rouergue Noir comme les précédents). Il s’intitule Seules les bêtes.

Jean-Claude Vallejo