accueil se brosser

Rien

Quand vous allez chez des gens – chez des amis ou dans votre famille – mettons, pour un jour ou deux, quand, le matin, voire le soir, vous entrez dans la salle de bains, que vous souhaitez vous brosser les dents, c’est toujours pareil, je subodore que vous l’avez déjà observé, vous voyez devant vous, sur le lavabo, un tas de produits qui vous sont totalement étrangers, comme de la crème de nuit, de jour, à raser, des rasoirs jetables jaunes Bic en veux-tu en voilà, de la crème de visage bio à l’Aloe Vera qui affine, qui affermit, qui anti-ride, du Chanel n° 5, Egoïste de Chanel pour l’homme, unique et indépendant, mais cela peut être aussi l’eau d’Issey ou l’Air du Temps de Nina Ricci, une crème au beurre de karité qui favorise le renouvellement cellulaire, et, enfin, un unique tube de dentifrice écrasé, comme martelé, vidé de sa substance, de marque désormais illisible, et alors que pouvez-vous faire, vous qui, pour tout bagage, avez pris soin d’apporter seulement votre brosse à dents, espérant rencontrer un tube de dentifrice non usagé, dont vous pourriez prélever un bref échantillon ?

Roger Noiseau

24 rue Sieyès

En état de récidive légale, Roger Noiseau, qui a publié un recueil de nouvelles intitulé En voies aux Editions Glyphe en mars 2016, présente, en décembre de cette même année, 24 rue Sieyès – L’atelier de cycles créé en 1946, un livre comportant 70 photographies, édité à compte d’auteur, et évoquant cette pittoresque « institution » mancelle*. Disponible à l’atelier et chez l’auteur.
Lire la présentation sur son blog : C'est l'évidence même.

* Je me souviens, enfant, avoir eu un petit vélo rouge qui avait été acheté dans cette maison, alors « chez Bignon ». Véridique. (JCV – pas G. Perec)