accueil traduire-transduire

Michel Sans, traducteur de Thierry Gaudin


Une tentative de traduction en espagnol du poème de Thierry Gaudin
« Dis ce trait / ce trait dit » paru dans le n° 39 de L’Iresuthe

Traduction


Ah traduire-trahir ! Non traduire-transduire en autre langue, remuant, mélangeant rythmes, consonances, images, résonances inattendues, tout ce qui va dire un même et son autre, ses autres possibles, dans le monde des langues qui s’accueillent, hospitalières et joueuses, pour dire et redire la mélodie filtrée « griff(ant leurs) lèvres nues ».

on, en plus clair : Qu’ai-je essayé de faire avec le poème de Thierry ? Essentiellement, trouver une structure rythmique, qui me semble fondamentale dans ce que « ce trait dit ».

Mais aussi des échos de sonorités dans les mots espagnols, sans trop déformer les images que j’ai essayé de conserver au maximum, en évitant autant que possible le mot à mot plan-plan : traduction prosaïque et véritablement traîtresse, sous le triste prétexte d’une fidélité au « sens ».

Mais j’avais à construire (composer-créer…) une forme espagnole, par la langue et la prosodie. Il n’y avait pas moyen, évidemment, de trouver une matrice formelle qui calquerait le rythme, ni des mots qui se couleraient dans ce moule. Je l’ai donc élaboré, ce moule, suivant une musique qui peut se mesurer et, j’espère, s’entendre.

Et le titre ? Ah là, il y avait de quoi transpirer, et inventer carrément : je n’ai conservé que le chiasme. Si je le traduis en français (un comble !), ça peut donner : Dis à ce chômeur / il est jour paralysé

Je ne peux pas être content du résultat de tout cela (impossible et prétentieuse gageure ?),  mais j’ai eu du plaisir à tâtonner dans ce monde des mots en musique, à me lancer dans ce voyage intérieur. Ce n’est que dans cette modeste mesure que je me permets de partager ce travail, en offrande amicale à Thierry, mais plein de honte pour les déceptions que je ne vais pas manquer de provoquer chez les amoureux connaisseurs des deux langues et de la poésie.